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Mercredi 25 juillet 2012 3 25 /07 /Juil /2012 01:44

Après des débuts marqués, Ghosts…of the civil dead, John Hillcoat avait confirmé avec The proposition, western élégiaque, violent et réaliste, dont Sam Peckinpah n’aurait pas renié la filiation.

Son adaptation du roman de Cornac McCarthy, La Route, avait partagé la critique alors que le film se voulait finalement peu hollywoodien, passionnant et puissant.

Si Des hommes sans loi est le deuxième film américain de John Hillcoat, il perd en majorité l’empreinte dont Hillcoat avait réussit à imprégner ses précédents films. Aucunement au point de mettre celle-ci de côté mais l’identité de mise en scène qu’il avait imposé jusque-là est mise entre parenthèses et contribue à donner à ce Lawless (titre original) un ton très classique.

C’est en adaptant le récit fictif de Matt Bondurant, en narrant cette histoire familiale en pleine période de la prohibition que le réalisateur, passionné de westerns, mêle ce genre au film de gangsters.

Ces « mondes » très codifiés, par des règles, des enjeux traditionnels, doivent cependant trouver à se renouveler et ne pas copier les films du passé. Hillcoat s’attache à cela avec une référence appuyée au cinéma classique américain construit sur ses propres mythes en prenant le temps de donner l’énergie visuelle et moderne déjà dépeinte dans ses premiers longs. Hélas, on ressent de manière appuyée une contrainte de ton et le jusqu’au-boutisme du réalisateur se trouve comme momifié par une mise en scène un peu trop sage. Sage mais non exempte de séquences fortes qu’Hillcoat sait mettre en scène avec force ; de même son talent pour donner corps à ses personnages est encore une fois mis en avant quand Tom Hardy dégage une force incroyable de ses silences comme lors de ses dialogues épurés. Shia Labeouf réussit à donner de l’ampleur à son personnage quand Gary Oldman, presque en faire valoir, définie d’une force naturelle les rares scènes dans lesquelles il apparaît. Alors que Guy Pearce s’affirme (si besoin en était) comme un comédien sur lequel il faut de plus en plus compter.

Quant à la violence, elle reste en parfait équilibre avec le sujet du film et n’apporte aucune gratuité graphique comme on peut trop souvent le voir.

Des hommes sans loi n’est donc pas le film qui renouvellera le genre, mais dans un espace transposé en pleine ruralité, John Hillcoat apporte une certaine fraîcheur à son film. A défaut d’une réelle densité mais grâce à un scénario abouti, des comédiens très justes et dans la parfaite composition de leur rôle, le film s’emploie à trouver une vraie identité dont la musique, presque un personnage récurrent chez Hillcoat, contribue à donner une âme supplémentaire.

C’est donc parsemé d’une légère déception, on attendait beaucoup de Hillcoat, mais sans en dénaturer l’énergie et la manière, que Des hommes sans loi trouve sa place dans les films ayant pour sujet la prohibition. Son classicisme en faisant autant son atout que son défaut, il appartiendra à chacun de trouver un attachement propre au film, les précédents films de Hillcoat servant de lexique pour en définir toute la saveur.

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Par Peepingtom1 - (fincher15) - Publié dans : Critiques - Communauté : Cinéma
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